House of Wolves (US)

Les deux premiers disques de House of WolvesFold in the Wind (2011) et Daughter of the Sea (2015) – étaient des petits monuments de folk intimiste.

Rey Villalobos était parvenu à atteindre des sommets de grâce absolue dans un dépouillement rare et sublime – une guitare, un piano et une voix androgyne.

Mais cet Américain aux ascendances italiennes et mexicaines n’est pas du genre à se contenter d’appliquer la même formule ad vitam aeternam.

Sur ce nouvel album, éponyme, l’instrumentation gagne en ampleur, les arrangements se font luxuriants, la production plus dynamique. Un cap a été clairement franchi, et c’est sur le label discolexique (Corrina Repp, Gareth Dickson, Brother Dege, thisquietarmy…) que se poursuit l’intense romance. House of Wolves n’avait encore jamais aussi bien porté son nom : la meute est désormais bel et bien là.

Le ralliement a été sonné l’année dernière à Portland. Parti retrouver le producteur John Morgan Askew(Alela Diane, Laura Gibson), Rey Villalobos va donner vie à ses nouveaux morceaux dans la cave d’amis musiciens. Après seulement quelques répétitions, le groupe rentre en studio, où tout se met en place très rapidement, comme une évidence. L’album est enregistré en trois jours.

De bout en bout, la vigueur et la consistance inédites des parties rythmiques se tempèrent du raffinement d’un quatuor à cordes. Les inépuisables élans mélodiques sont nourris des influences de toujours (Chopin, Roy Orbison et les Beatles), aboutissant à une pop hybride, entre americana et glam rock.

Il y a du Big Star dans ce 3ème album de House of Wolves. Alex Chilton célébrait l’holocauste intime. Derrière cette pochette de fleurs desséchées, Rey Villalobos lui aussi exalte les incandescences mélancoliques, les guerres qu’on s’est livrées. Il nous accompagne dans des abîmes de nostalgie, instaure un règne d’abandon voluptueux.

C’est triste mais irrésistible. Les loups finiront toujours pas entrer dans la bergerie.